Aller au contenu
Point par Point Coudre, réparer, transformer

Pas à pas

Coudre une tenue folk des années soixante

Une tenue inspirée du folk des années soixante se coud avec peu de pièces : une jupe longue ou un pantalon droit, une chemise simple, un gilet sans doublure. Le travail se joue sur la matière (coton, laine légère, velours de coton) et sur des finitions visibles mais propres, pas sur des détails spectaculaires. Comptez deux à trois mètres de tissu et un après-midi par pièce pour une première version.

Niveau premier essai 6 minutes de lecture Machine ou main

Une jupe longue en velours de coton noir posée à plat sur une table en bois clair, à côté d'une chemise en popeline écru pliée, lumière naturelle de fin d'après-midi venant d'une fenêtre latérale, cadrage serré à hauteur de table.
Une jupe longue en velours de coton noir posée à plat sur une table en bois clair

Comment coudre une tenue inspirée du folk des années soixante ?

La méthode tient en trois gestes, dans cet ordre.

D'abord, choisir une coupe large et droite. Une jupe trapèze qui descend au mollet, un pantalon à jambe droite taille haute, une chemise à empiècement droit : ces formes se coupent sur des rectangles et des trapèzes, sans pinces compliquées. C'est ce qui les rend accessibles quand on débute.

Ensuite, couper large plutôt que juste. Sur ces vêtements, l'aisance fait partie du style. Ajoutez deux à quatre centimètres de plus que votre tour de taille ou de hanches sur le patron, vous pourrez toujours resserrer à l'essayage.

Enfin, assembler dans l'ordre : épaules, côtés, manches, puis ourlets. Repassez chaque couture ouverte avant de passer à la suivante. Sur un tissu uni, une couture bien repassée se voit moins qu'une couture rapide.

Pour les empiècements, les pattes de boutonnage et les cols, appuyez-vous sur des modèles déjà écrits plutôt que d'improviser. Le répertoire folk et soul des années soixante circule beaucoup dans les revues musicales, et certaines d'entre elles documentent aussi la pratique instrumentale et les tenues de scène : c'est le cas de Cordes & Âmes, qui consacre un dossier aux héritages folk et soul et des pages à la guitare folk. Lire ce genre de dossier aide à comprendre pourquoi une chemise de scène reste volontairement simple : moins d'ornements, plus de tenue.

Un patron de chemise droite, une jupe trapèze et un gilet sans doublure forment déjà un ensemble complet. Ajoutez une ceinture large en tissu ou en cuir souple, et vous avez trois pièces qui se combinent entre elles.

Quelles matières pour une garde-robe de scène sobre ?

La règle est simple : des fibres naturelles, des tissus mats, des couleurs qui ne brillent pas sous les projecteurs.

Le coton en popeline ou en gabardine légère convient aux chemises. Il se repasse bien, ne glisse pas sous le pied de biche et supporte les coutures visibles. Pour une chemise de scène, prenez un coton un peu épais : il tombe droit et ne colle pas au corps quand vous bougez.

Le velours de coton, fin, va aux gilets et aux pantalons. Il absorbe la lumière, ce qui évite les reflets parasites sur scène. Cousez-le avec une aiguille neuve et un pied standard, sans tirer sur le tissu.

La laine légère, type flanelle fine ou tweed souple, fonctionne pour les jupes et les gilets d'hiver. Elle se tient toute seule, donc pas besoin de doublure sur un gilet droit.

Le lin est possible pour l'été, mais il froisse : réservez-le aux chemises amples, jamais aux pantalons ajustés.

À éviter pour la scène : le satin, la soie brillante, les tissus synthétiques qui captent la lumière et les imprimés trop chargés. Un uni foncé ou un motif discret (petite rayure, carreaux fins) reste lisible de loin.

Côté couleurs, restez sur une base de deux ou trois teintes : noir, écru, brun, bleu profond, vert bouteille. Ces teintes se marient entre elles et vieillissent bien.

Quelles pièces coudre en premier quand on débute ?

Commencez par la jupe longue trapèze. Elle demande deux coutures de côté, une ceinture droite et un ourlet. C'est la pièce la plus rapide et celle qui donne le plus vite une silhouette.

Enchaînez avec la chemise droite. Le col et les poignets sont les seuls points délicats : entraînez-vous sur une chute avant de les poser. Si le col vous bloque, coupez une chemise sans col, à encolure ronde, et ajoutez un biais pour la finition.

Terminez par le gilet sans doublure. Deux devants, un dos, des coutures d'épaules et de côtés, un biais ou une parementure pour l'encolure. Pas de boutonnière si vous débutez : un lien en tissu ou une broche suffisent.

Ces trois pièces se coupent dans le même tissu ou dans deux tissus qui se répondent. Une jupe en velours de coton noir, une chemise en popeline écru, un gilet en flanelle brune : l'ensemble fonctionne pour une scène sobre comme pour la vie quotidienne.

Comment adapter un patron existant sans tout redessiner ?

Prenez un patron de jupe droite et élargissez le bas. Tracez une ligne du milieu de la taille jusqu'au bas de l'ourlet, en écartant de dix à quinze centimètres selon la longueur voulue. Vous obtenez un trapèze sans toucher aux pinces.

Pour une chemise, allongez le corps de cinq à dix centimètres et ouvrez les côtés. Une chemise longue portée sur un pantalon droit donne tout de suite l'allure visée.

Pour un gilet, supprimez la doublure et remplacez-la par une parementure large. Vous gagnez du temps et vous gardez une finition propre à l'intérieur.

Notez chaque modification sur le patron, en centimètres, avec la date. La deuxième version sera plus juste que la première.

Quelles finitions pour que la tenue tienne sur scène ?

Sur scène, on bouge, on s'assoit, on se penche. Trois points à soigner.

Les coutures d'assemblage : piquez, puis surpiquez à un millimètre du bord. Une couture simple peut céder à l'usure ; une couture surpiquée tient.

Les ourlets : un ourlet large, de quatre à cinq centimètres, tombe mieux qu'un ourlet fin. Bâtissez avant de piquer pour éviter les vagues.

Les boutonnières et les pressions : testez-les sur une chute du tissu réel. Un velours de coton et une popeline ne réagissent pas de la même façon.

Prévoyez aussi une marge de mouvement aux emmanchures. Une manche trop juste se déchire au premier geste large. Ajoutez un centimètre au tour d'emmanchure si vous hésitez.

Comment entretenir ces pièces pour qu'elles durent ?

Lavez le coton et le lin à trente degrés, à l'envers, et séchez à plat ou sur cintre. Le velours de coton se lave à froid et se repasse à l'envers, sur une serviette, sans appuyer.

La laine se lave rarement : aérez-la entre deux ports et brossez-la. Si vous devez la laver, programme laine à froid, sans essorage.

Repassez chaque pièce avant de la ranger. Un vêtement repassé se porte mieux et se range plus facilement.

Réparez tout de suite : un bouton qui bouge, un ourlet qui se découd. Sur une garde-robe de scène, une réparation faite le jour même évite de recoudre dans l'urgence avant un concert.

Avec trois pièces bien coupées, deux tissus naturels et des finitions surpiquées, vous avez une garde-robe qui fonctionne pour la scène comme pour la rue. Le reste viendra au fil des versions.

Source : britannica.com.

Dans la même rubrique

Continuer avec les projets libres