- Une aiguillée de 40 à 50 cm maximum : au-delà, le fil s'emmêle et se fatigue à chaque passage.
- Un seul brin pour coudre, jamais deux fils doublés, sauf pour un bouton.
- Le point arrière remplace la machine : c'est le seul point à la main aussi solide qu'une piqûre.
- On repasse la couture avant et après, cela change complètement l'aspect fini.
- On arrête toujours par deux petits points superposés, jamais par un nœud sur l'endroit.
Ce qu'il faut sur la table
Une aiguille fine à bout pointu, taille 7 ou 8, qui convient à la quasi-totalité des tissus tissés. Du fil polyester tout usage, assorti au tissu, choisi un ton plus foncé plutôt qu'un ton plus clair : un fil trop clair se repère immédiatement à la lumière du jour. Des épingles, une paire de ciseaux réservée au tissu, un dé à coudre pour les épaisseurs, et un fer. Rien d'autre. Le dé paraît accessoire jusqu'au premier ourlet de jean, où il devient la seule façon de pousser l'aiguille sans se percer le doigt.
Ajoutez une chute de coton uni d'une vingtaine de centimètres de côté. C'est votre terrain d'essai, et il vous suivra longtemps : chaque nouveau point s'essaie dessus avant de toucher un vêtement.
Les six points, dans l'ordre où on les apprend
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Enfiler et arrêter le fil
Coupez le fil en biais avec des ciseaux qui coupent net, jamais avec les dents : un bout écrasé refuse de passer dans le chas. Enfilez, puis faites un petit nœud à une seule extrémité. Pour démarrer proprement, piquez toujours de l'envers vers l'endroit, afin que le nœud reste caché à l'intérieur du vêtement.
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Le point de bâti, ou faufilage
De grands points droits réguliers, un centimètre dessus, un centimètre dessous, cousus avec un fil de couleur contrastante. Il ne sert qu'à maintenir provisoirement, le temps de coudre pour de vrai, et il se retire à la fin. C'est le point que les débutantes sautent, et c'est précisément celui qui fait gagner du temps : il remplace les épingles, qui glissent et qui piquent.
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Le point avant
Le même mouvement, mais avec des points courts de 2 à 3 mm. On peut en charger plusieurs sur l'aiguille avant de tirer. Il sert aux fronces, aux assemblages provisoires et à la couture décorative. Il n'est pas solide : une couture d'assemblage au point avant s'ouvre au premier effort.
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Le point arrière
Celui qui remplace la machine. L'aiguille ressort un point en avant, puis repique en arrière, à l'endroit exact où le point précédent s'est terminé. Sur l'endroit, on obtient une ligne continue qui ressemble à une piqûre de machine ; sur l'envers, les points se chevauchent en double épaisseur. C'est le point des coutures qui doivent tenir : entrejambe, emmanchure, anse de sac.
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Le point de surjet
Des points obliques réguliers qui enroulent le bord vif du tissu. Il empêche l'effilochage sur un tissu qui se défait, et il assemble deux bords bord à bord, par exemple pour refermer une doublure ou un coussin. Espacez de 4 à 5 mm et gardez la même inclinaison : la régularité fait tout l'aspect.
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Le point glissé, ou point invisible d'assemblage
Le point des finitions. L'aiguille circule alternativement dans le pli d'un côté puis dans le pli de l'autre, en glissant à l'intérieur des épaisseurs sur 5 à 8 mm. Correctement fait, le fil disparaît complètement : c'est ainsi qu'on referme l'ouverture d'un coussin rembourré, la doublure d'une veste ou le bas d'une manche.
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Le point d'ourlet
Une variante du glissé, appliquée à un bord replié. L'aiguille n'attrape qu'un ou deux fils du tissu principal côté endroit, puis repique en biais dans le repli. C'est ce qui rend l'ourlet invisible de l'extérieur. La méthode complète est détaillée dans le guide consacré à l'ourlet à la main.
Quel point pour quelle situation
La question ne se pose jamais dans l'abstrait : on a un vêtement en main et un problème précis. Ce tableau répond dans ces termes.
| La situation | Le point | Longueur | Remarque |
|---|---|---|---|
| Assembler deux pièces solidement | Point arrière | 2 à 3 mm | Le seul aussi résistant qu'une piqûre machine |
| Maintenir avant de coudre | Point de bâti | 10 à 15 mm | Fil contrastant, retiré à la fin |
| Empêcher un bord de s'effilocher | Surjet | 4 à 5 mm | Ou zigzag si vous avez une machine |
| Refermer un coussin rembourré | Point glissé | 5 à 8 mm | Invisible si le fil ne se tend pas |
| Poser un ourlet | Point d'ourlet | 5 à 8 mm | Un ou deux fils pris côté endroit |
| Froncer une jupe ou une manche | Point avant, deux rangs | 3 à 4 mm | Tirer les deux fils ensemble, doucement |
| Coudre sur de la maille | Point arrière relâché | 3 mm | Ne jamais tendre, la maille doit s'étirer |
Un bouton se coud avec le fil doublé et sur une tige. Posez une allumette ou un cure-dent à plat sur le bouton, cousez par-dessus vos quatre à six allers-retours, retirez l'allumette : il reste un peu de mou. Enroulez alors le fil restant autour de ce mou, entre le bouton et le tissu, pour former une petite colonne, puis arrêtez sous le tissu. Cette tige laisse la place à l'épaisseur de la boutonnière. Sans elle, le bouton tire et la patte gondole : c'est la raison pour laquelle les boutons recousus à la maison ne ressemblent pas à ceux d'origine.
Les erreurs qui se voient tout de suite
- L'aiguillée trop longue. Un fil d'un mètre s'emmêle, se vrille et s'use en frottant contre le tissu à chaque passage. Quarante-cinq centimètres, pas plus, quitte à réenfiler trois fois.
- Le nœud sur l'endroit. Il se voit et il accroche. On démarre toujours par l'envers, et on arrête par deux petits points superposés cachés dans l'épaisseur.
- Le fil tiré à fond. La couture fronce et le tissu se déforme. Le fil doit accompagner le tissu, jamais le contraindre.
- Les points inégaux. Ce n'est pas grave sur une couture cachée, mais sur une finition visible, la régularité compte plus que la petitesse. Mieux vaut des points de 4 mm tous identiques que des points de 2 mm irréguliers.
- Oublier de repasser. Une couture main non repassée fait toujours amateur. Un coup de fer sur la couture ouverte, et l'ouvrage change de catégorie.
Questions fréquentes
Une couture à la main tient-elle aussi bien qu'à la machine ?
Au point arrière, oui, et parfois mieux. Une piqûre machine forme une chaîne : si un fil casse, la couture peut filer sur plusieurs centimètres. Une couture à la main au point arrière est faite de points indépendants, un point lâché ne défait pas les autres. Le vrai écart n'est pas la solidité, c'est le temps : une machine coud en trois minutes ce qui demande une demi-heure à la main.
Combien de temps pour maîtriser ces six points ?
Une soirée pour les exécuter tous une fois sur une chute, deux à trois semaines d'usage occasionnel pour qu'ils deviennent réguliers sans y penser. Le point arrière et le point d'ourlet demandent le plus de répétitions, les autres viennent vite.
Faut-il vraiment un dé à coudre ?
Sur du coton léger, non. Sur un jean, une toile épaisse, plusieurs épaisseurs superposées ou du cuir fin, il devient indispensable : le dé permet de pousser l'aiguille avec la pulpe du majeur sans se blesser. Choisissez-le à la bonne taille, il doit tenir seul sans serrer.
Peut-on coudre du jersey à la main ?
Oui, à condition de ne jamais tendre le fil et d'utiliser une aiguille à bout boule, qui écarte les mailles au lieu de les percer. Le point arrière relâché convient bien. Sur un ourlet de tee-shirt, préférez le point de chausson, qui garde de l'élasticité et ne casse pas quand le bas s'étire au passage de la tête.
Quel fil pour coudre à la main ?
Le même que pour la machine, un polyester tout usage. Certaines couturières passent le fil sur un bloc de cire d'abeille pour qu'il glisse mieux et s'emmêle moins : c'est efficace sur les fils longs et sur les tissus rêches. Le fil à bâtir, lui, est conçu pour casser facilement et ne sert qu'au faufilage.
Sur une pièce ancienne, un textile fragile ou un vêtement de valeur, faites examiner la matière avant d'y planter une aiguille : certaines soies anciennes se déchirent le long de la ligne de couture.